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"Au mois de janvier 1908, une étrange cérémonie réunissait, dans un sous-sol de l’Opéra, autour de Pedro Gailhard, alors directeur, et de Charles Malherbe, archiviste, quelques rares privilégiés admis à être les témoins d’une inhumation...Ici, dans une case, un gramophone, et puis, rangées comme des urnes en un columbarium, des boîtes métalliques scellées. Sur ces boîtes, des noms, des noms connus. Mais ce ne sont pas des cendres qu’on a pieusement recueillies là. Non, ce qu’on enterre en ce jour de janvier 1908, ce sont des voix... "
[extrait de André de Fouquières /Mon Paris et ses Parisiens] L'Opéra de Paris et la Bibliothèque nationale de France présenteront mercredi 19 décembre deux urnes, contenant au total 24 disques, mises à l'abri il y a un siècle pour témoigner de l'art du chant de l'époque. Le 24 décembre 1907, 24 disques ont été scellés dans deux urnes au cours d'une cérémonie solennelle qui a eu lieu dans les sous-sols du Palais Garnier... C'est le donateur, Alfred Clark, patron de la Gramophone Company, qui avait obtenu par acte écrit, d'Aristide Briand, alors ministre de l’Instruction publique, , que ces boîtes ne soient ouvertes que cent ans plus tard, " afin d’apprendre aux hommes de cette époque : « 1° quel était alors l’état des machines parlantes, encore aujourd’hui presque àque les boîtes ne soient ouvertes que cent ans plus tard, "afin d'apprendre aux hommes de cette époque quelle était la voix des principaux chanteurs de notre temps". « 2° quelle était alors la voix des principaux chanteurs de notre temps et quelle interprétation ils donnaient à quelquesuns des morceaux les plus célèbres du répertoire lyrique et dramatique ». Chacune de ces urnes contient 12 disques, pour l'essentiel de musique lyrique française (Bizet, Gounod, Saint-Saëns...) ou italienne (Donizetti, Rossini, Verdi), et renferme le témoignage de voix aussi célèbres que la Melba, la Patti, Emma Calvé ou Enrico Caruso. Confiées à la BNF depuis 1989 pour leur sauvegarde, "ces urnes feront leur apparition le 19 décembre", lors d'une "cérémonie" qui aura lieu à partir de 18h00 à la bibliothèque-musée du Palais Garnier en présence du président de la Bnf, Bruno Racine, et du directeur de l'Opéra national de Paris, Gerard Mortier. "Les deux urnes ne seront pas ouvertes à cette occasion", préviennent cependant les deux établissements, qui ont dû tenir compte de la "dangerosité" liée à la présence de "bandelettes d'amiante disposées à l'époque pour protéger les disques". Ces enregistrements "seront extraits de leur protection en milieu confiné et sécurisé au cours de l'année 2008" En 2008 encore, un colloque se tiendra sur ce sujet connu comme les "voix ensevelies" et qui a contribué à nourrir les mythes du Paris souterrain et du "Fantôme de l'Opéra" cher à Gaston Leroux. Cette même année, les disques exhumés en 2007 feront l'objet d'un report sur CD par EMI -- héritière de la Gramophone Company -- et une cérémonie comparable à celle de 1907 sera organisée "afin de préserver des enregistrements représentatifs de la musique contemporaine". Bibliofrance Plus d'infos dans la revue de la BNF Chroniques Janvier-Février 2008
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