Rien à vendre !
le 23-10-2007 02:00

Sections : Politiques publiques: culture, livres, internet,..,


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ImageUne perle que Pierre Moulinier pourra rajouter à la prochaine édition du Que-sais-je? sur Les politiques publiques de la culture en France :

"A la différence de l'Opéra et du musée du Louvre, la BnF souffre évidemment d'une faiblesse quasi insurmontable : elle n'a rien à vendre..."

C'est la dernière phrase (conclusion?) du rapport d'information de M. Yann GAILLARD , rapporteur spécial de la mission « Culture » du Sénat, fait au nom de la commission des finances sur "Quatre établissements culturels et leurs tutelles".

En application de l'article 57 de la LOLF un contrôle relatif à la tutelle du ministère de la culture sur quatre de ses grands établissements publics culturels : le musée du Louvre, l'Opéra national de Paris, la Bibliothèque nationale de France et la Cité des sciences et de l'industrie. Sans préjuger de la qualité des réponses, les "grandes questions" étaient les suivantes :

Les grands établissements publics culturels sont-ils des instruments de la politique culturelle, ou des entités autonomes, définissant elles-mêmes leurs priorités culturelles?

Existe-t-il encore une politique culturelle nationale quand plus de la moitié des moyens humains et financiers du ministère de la culture transitent par les établissements publics ? 

Avant une lecture intégrale, que je vous conseille trés fortement, voici quelques extraits des réponses à ces "grandes questions"  ...


 

 Comment s'exerce la tutelle sur la BnF ?

"Au temps où la Bibliothèque nationale dépendait du ministère de l'éducation nationale, elle était des plus légères, on parlait alors de « splendide isolement ». Il en reste encore quelque chose, bien que la direction du livre et de la lecture (DLL) ait à coeur de suivre l'activité de l'établissement, en liaison avec la direction des archives et celle des bibliothèques universitaires, et, bien entendu, celle du budget. Une fois encore, on constate que la direction sectorielle, dispose du budget opérationnel de programme, sans qu'intervienne la DAPA, direction programmatique. Bien entendu les deux directions de tutelle « culture », DLL et DAG, participent aux comités importants de pilotage informatique et de l'immobilier."

" Il n'existe actuellement ni contrat d'objectifs et de moyens, ni contrat de performances approuvé par le ministre. Les indicateurs de performances, pièces essentielles d'une tutelle digne de ce nom, sont le fait de l'établissement lui-même."

Le contrat de performances « interne » comporte des orientations inévitables, et d'autres qui relèvent d'un choix autonome sur le projet de Bibliothèque numérique européenne.

Objectifs de la BNF ?

A la différence de l'Opéra et du musée du Louvre, la BnF souffre évidemment d'une faiblesse quasi insurmontable : elle n'a rien à vendre...

L'ancien président de la BnF, M. Jean-Noël Jeanneney, s'était fixé des objectifs louables : la lutte contre Google et la défense de la langue française, dont on ne sait s'ils seront poursuivis. D'autres sont incontournables. Le « projet Richelieu », notamment, établi en liaison avec l'établissement public de maîtrise d'ouvrage culturel, l'EMOC, et avec l'Institut national d'histoire de l'Art (INHA), est indispensable à la sauvegarde des collections spécialisées, et à leur ouverture au public. Peut-être manque-t-il, toutefois, un axe « recherche ».

Néanmoins, il semble que la BnF ait « fait de son mieux » pour compenser un relatif état de délaissement, dont on comprend mal les raisons, et dont il faut souhaiter la fin. La « bonne volonté » de la direction du livre et de la lecture ne suffit pas, pas plus que ses perspectives de réformes internes (fusion de la DLL et du Centre national du livre) pour mieux asseoir cette « direction naine sur les épaules du géant BnF ».

La BnF, au temps du président Jeanneney était en état d'auto-tutelle. La vision était là, mais soit par manque de moyens, soit par mutisme des autorités ministérielles, les deux dossiers majeurs dont dépend l'avenir de la BnF sont encore ouverts. L'aménagement du quadrilatère Richelieu, qui pose de redoutables problèmes de sécurité, se heurte aux divergences entre la culture et l'éducation nationale. Et la politique de numérisation, qui est la priorité de l'avenir, ne permet guère de traiter plus de 100.000 livres par an. C'est un gros progrès, mais est-ce suffisant ?

A la différence de l'Opéra et du musée du Louvre, la BnF souffre évidemment d'une faiblesse quasi insurmontable : elle n'a rien à vendre...

Si, aux termes de cette enquête, le rapporteur spécial constate que  "la tutelle « financière » du ministère de l'économie, des finances et de l'emploi est efficace", il recommande de "rationaliser la tutelle « sectorielle » du ministère de la culture, et d'impliquer dans son exercice les responsables de programme de la mission « Culture "  et pour cela "les établissements publics culturels doivent être assimilés à des opérateurs principaux de la mission précitée, et il paraît essentiel que des contrats de performances soient établis entre eux et le ministère."

 

Bon un conseil gratuit de Bibliofrance.org : pendant les années de travaux du « projet Richelieu » la BNF pourrait vendre des espaces publicitaires ? C'est possible depuis le 1er Octobre...

Autre temps, autres moeurs, autres politiques culturelles... Et la BNF, au delà de ses missions , elle en pense quoi de tout cela ? 

 Image Durel Eric pour Bibliofrance.org


Tags : perle, BNF, sénat, Yann GAILLARD, politique publique de la lecture, lecture publique
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