|
Nous avons hésité à appeler cet article : "La Ministre, la RGPP, le livre et la lecture..." ou encore "Qui veut un bout de la défunte DLL ?" ...
Finalement notre interrogation s'intitule donc : "Conseil du livre", "Parlement du livre" et "... réflexion complémentaire". L'annonce, jeudi 17 avril 2008, de "la nouvelle organisation de l’administration centrale du ministère de la Culture et de la Communication", en trois (et seulement trois!) directions : 1. La direction générale des patrimoines de France ; 2. La direction générale de la création et de la diffusion ; 3. La direction générale du développement des médias et de l’économie culturelle. Si cette annonce n'a surpris que peu de monde (nous l'annoncions en septembre 2007 , à la sortie de la "Mission d’audit de modernisation" intitulé Rapport sur la chaîne du livre ") l'on est en droit de se demander si cette décision ne ressemble pas plus à un sacrifice sur l'autel de la RGPP, qu'à un projet d'envergure pour le livre et la lecture !
Que les esprits chagrins se rassurent, car comme le précise le communiqué du "Ministère de la culture qui ne s'est jamais autant occupé du livre et de la lecture" [Sic] : « le rattachement des missions de la direction du livre et de la lecture, qui touchent à la fois au patrimoine, à la lecture publique et à l’économie du livre, fera l’objet d’une réflexion complémentaire » et de plus « L’ensemble des professionnels de la culture et de la communication conserveront au sein de chaque direction générale des interlocuteurs sectoriels clairement identifiés » ...
Les bonnes nouvelles ne venant jamais seules, le Conseil d’administration du CNL, annonce plusieurs choses : - La création d'un Conseil du livre, directement rattaché au Ministre de la culture et de la communication, qui sera "un organe interprofessionnel et interministériel chargé de débattre des grands sujets transversaux (livre à l’école, exportation du livre français, soutien à la librairie, politique numérique) et de mutualiser les études et les expérimentations." - Vouloir "faire évoluer son dispositif d’aides aux bibliothèques vers une logique de soutien aux projets, permettant une plus grande cohérence et une meilleure continuité des aides du CNL à la chaîne du livre." Ce nouveau dispositif sera mis en place à compter du 1er janvier 2009 et fera (lui aussi ...) l’objet d’un dispositif de communication appropriée... Les aides actuelles sont appelées progressivement à s’éteindre selon le calendrier suivant. En résumé : outre remettre à jour leur organigramme, le ministère de la culture devra bien continuer à répondre aux deux ou trois petites questions des professionnels pour qui la défunte DLL était un partenaire : - Quid de la lecture publique au sein du nouvel organigrame du Ministère de la Culture ? - Quid de la "répartition" des dossiers jusqu'à là pris en charge par la DLL ? - Quid du "livre et des bibliothèques" comme facteur social et culturelle au sein d'un Ministère de la Culture qui parle surtout "d'économie culturelle". - Quid des moyens des conseillers pour le livre en région ? Rattachement à quelle direction en centrale ? Sur son blog personnel, dans un article intitulé "Nous voilà nus face à l’Etat", Dominique Lahary retrace l'historique de la DLL, commente cette disparition et pose d'autres très bonnes questions : Relevant que "C’est (presque) la fin d’une présence corporative des bibliothécaires au sein de l’appareil d’Etat", il questionne : "Aujourd’hui se pose la question de ce que va survivre de tout cela. N’attendons pas de l’Etat une pensée sur les bibliothèques. L’Etat stratège ne sera pas stratège de ce qu’il réduit à un « secteur ». Mais exigeons au moins ce pour quoi l’Etat est mieux placé que les autres – les statistiques nationales, c’est un minimum. Les études prospectives, c’est indispensable (rappelons-nous l’enquête du Credoc). Et suscitons des politiques sectorielles : les constructions, le patrimoine écrit, la numérisation… - il y aurait aussi beaucoup à dire sur ma musique et le cinéma. Et les bibliothèques numériques, qui les coordonne ? Et la BnF, et la BPI, qui les missionne pour les politiques nationales ? Et l’Inspection générale des bibliothèques, ultime rrempart de l’unité des bibliothèques, qui la saisit et dans quel but ?" ... et enfin, "la question qui tue" : « Les associations professionnelles peuvent-elles peser sur les pouvoirs exécutif et législatif ? »
Oui, sans aucun doute ! L'actualité récente concernant la loi sur les archives , les allers et retours des pouvoirs exécutif et législatif, et au finish le réel poid des associations professionnelles archivistiques dans l'évolution du dossier et du vote devraient, au contraire, nous encourager à plus de positionnement quant aux décisions gouvernementales. .../... A suivre.... Bibliofrance.org
|